Giordano Bruno

15/09/2019

En 1584, Giordano Bruno écrit De l'infini de l'univers et des mondes. Dans cet ouvrage, cet ancien moine dominicain défroqué, originaire de Naples, prétend que l'univers n'est pas fini mais infini, que la Terre n'est pas au centre de tout, elle tourne autour du Soleil et ce dernier n'est qu'une étoile parmi tant d'autres.

Giordano Bruno évoque même la possibilité de vies extraterrestres et de différentes dimensions de l'univers. Avec lui on passe d'un univers clos, décrit par Aristote à un univers immense et infini.

Giordano Bruno parcourt l'Europe. Il possède une mémoire extraordinaire. On dit qu'il est capable de réciter par cœur vingt-six mille passages du droit canonique et civil sept mille extraits de la Bible et mille poèmes d'Ovide. C'est grâce à ce don de mémoire qu'il est reçu comme un prodige dans les Cours de mathématiques, astronomie, philosophie.

Il plaide pour une religion d'amour sans exclusion d'aucun humain. Il charme par ses talents d'orateur et sa culture. Il défend les idées de Copernic alors que celui-ci n'ose pas les assumer. Giordano Bruno raille tous les dogmes établis, religieux ou laïcs, la « sainte ignorance » et la « sainte bêtise », les « imbéciles diplômés » et les « tristes pédants ».

Mais s'en est trop pour l'Église qui le fait arrêter en 1592. Il sera torturé à vingt-deux reprises et ne se reniera jamais.

Il sera brûlé vif en place de Rome ; on lui clouera la langue, de peur que, même sur le bûcher, il puisse évoquer son univers infini.

Quant à son testament rédigé en prison, il sera déchiré avant ouverture pour que personne ne soit convaincu par ses idées hérétiques.

Trente-trois ans plus tard, après un procès semblable, devant certains juges semblables, Galilée préférera se rétracter.

Étrangement, l'oubli sera la récompense du premier et la gloire celle du second.

Bernard WERBER