La destruction

12/08/2019

Sens et valeur

Tout ce qui n'a pas été en ruine ne peut être construit ou plus justement, tant que tu n'as pas été en ruine, tu ne peux être reconstruit ; cette maxime soufie t'est adressée.

La déconstruction totale de tes attachements de quelques natures que ce soit est nécessaire. Tout ce que tu as façonné, érigé à partir de ton vouloir propre lié à ton ego est mis à sac. Tu meurs de dés-identification profonde. Ton vouloir a été un apprentissage de la vie sans vie. Maintenant, il est temps de laisser la volonté être l'architecte. Désormais, tout autour de toi vole en éclat. Des décombres jonchent ton sol détrempé des larmes de celui qui se croit abandonné. Ce sont toutes tes séparations, tous tes cloisonnements qui se fracturent. Célèbre cela dans tes pleurs car la vie entre en toi. Au cœur de tes ravages se dresse étincelant le cristal angulaire de ta vie sur lequel pourra être bâti solidement, sans attente et sans but, ta maison.

Tout s'écroule, tout autour et tout dedans. Te voilà libre, libre et nu sur les décombres, qu'apparaisse enfin le ressenti de la vie, pur. Quelque chose en toi se hérisse de tout perdre. Tu t'agites et tentes désespérément de reconstruire, colmater, t'emprisonner à nouveau. Et tu t'épuises. Jusqu'à l'instant où tout cesse, où tu vois : ce qui est tombé a libéré le ciel. Il est là, horizon dévoilé, il ne te reste qu'à cheminer.

Le faire en toi abdique et révèle l'être. Regarde, homme, femme de cette terre, regarde ce que tu t'es caché : la beauté qui ne tient à rien, l'amour qui ne demande aucun effort. Plus rien n'est tenu et le réel se tient. Tu découvres le plaisir sans égale de n'être plus entouré de murs. Tu découvres le plaisir sans égale de n'avoir plus rien à perdre.

Parole Intime

Je suis en toi la force de vie qui ne supporte aucunes constructions, aucuns principes, aucuns préjugés, aucunes croyances. Sais-tu pourquoi? Parce que tout cela me cloisonne, me rapetisse et je ne supporte plus de respirer cet air rance et tellement attendu. J'ai besoin d'air pur, j'ai besoin d'air libre. Alors je frappe, je cogne, je brise, je démolis tout ce que tu bâtis au dehors comme au dedans pour te protéger de la vie, pour te protéger de moi.

Tu as peur de moi, tu voudrais me contrôler, me mettre en boite. Tu as peur de cette puissance de vie que je suis en toi. J'ai une voix d'orage. La clarté de mon regard lance des éclairs jusque dans tes mensonges, ton non-amour, tes prisons. Tu luttes contre ma force, désespérément. Tu colmates les brèches que je creuse en tes digues. Tu tentes d'éteindre le feu de mes incendies en ton corps, tu t'enfermes dans ta tête, insensible de peur que je renverse toutes tes idoles qui t'éloignent de la vie. Et tu t'épuises à cela, tout ce que tu rebâtis à la sueur de tes peurs, je le déconstruis. Je suis plus fort que toi.

Un jour, tu reconnaîtras que je n'ai jamais eu l'intention de te détruire toi, juste ce qui est autour pour que tu apparaisses, si splendide et si libre. Je suis le cristal qui pousse en toi, originel. Je prends de plus en plus de place et brise tout ce que tu as pris illusoirement pour moi, tes idées sur l'amour...

Je suis le cristal en lequel tu chemines. Je suis l'amour qui t'est donné depuis l'origine. Tu n'as besoin d'aucunes autres protections. Sens-toi aimé de moi, sens à quel point seul l'amour m'anime. Je te veux toi, rendu libre, libre et confiant.

Au ras des pâquerettes

Ose repenser à un moment de ta vie où il t'a semblé que tout s'était écroulé. Ce peut être la perte d'un travail, d'une personne qui t'était chère, d'un groupe d'amis, d'un fonctionnement. Tu t'es cru perdu de cette perte, détruit de ce ravage. Avec le recul, tu te rends comptes que quelque chose de beau est sorti des décombres. Toi, plus fort, courageux, aimant. Toi, installé dans la confiance...


Oracle cristal
Delphine Thiercelin, Bruno Ansionnat